Ils se trouvent nuls

 

Sébastien: se trouver nul... en héritage

Sébastien, un petit garçon de 8 ans se sentait nul depuis plusieurs années. Il répétait régulièrement : « De toute façon, je suis nul. » Il n’avait pas du tout confiance en lui : il ratait ce qu’il entreprenait et ne pouvait se lancer dans de nouveaux projets, tellement il était sûr qu’il allait échouer... Il ratait ce qu’il entreprenait et ne pouvait se lancer dans de nouveaux  projets, tellement il était sûr qu’il allait échouer. Je lui explique que, grâce à nos gènes et à notre ADN, nous pouvons hériter de nos parents et de nos ancêtres notre apparence physique (couleur de nos yeux ou des cheveux), nos facultés (musique, mathématiques…) mais aussi de leurs façons de penser ou d’agir (peur de rater ou confiance en soi…).

Je lui explique que le fait qu’il se trouve nul ne lui appartient pas, mais que ça vient peut-être d’un de ses ancêtres qui a dû commettre un acte dont il n’était pas fier. Par le biais de phénomènes qu’on ne peut pas encore expliquer, il a hérité de ce message qui s’est inscrit dans son inconscient et qui résonne en lui comme une émission de radio parasite. Mais ce n’est pas lui qui est nul. C’est comme s’il était branché, sans le vouloir, sur « radio échec » qui diffuse dans sa tête, en boucle, une petite voix qui lui dit : « Tu es nul. » En effet, il me confirme qu’il l’entend très souvent.

Je lui explique qu’on peut déprogrammer cela et lui demande son accord. Puis je pratique un shiatsu spécifique sur certains méridiens qui agissent sur le transgénérationnel. Et deux semaines après, j’ai reçu une photo de lui sur la première marche du podium, en tenue de judo. Ce n’était que le début de la récolte des graines de confiance en soi qu’on avait semées ensemble.


   


Émilie: comment le souvenir d’un échec l’empêche de faire une nouvelle rencontre

Émilie va dîner pour la première fois avec un homme qu’elle a rencontré un mois auparavant lors d’une conférence publique, mais qu’elle n’a pas encore revu. Elle est confiante et pleine d’espoir, parce que tout s’est très bien passé jusque-là : ils n’ont communiqué que par e-mail, par texto et par téléphone, mais ils s’apprécient et se plaisent à tous les niveaux. Elle l’attend sereinement dans le restaurant. Mais à chaque voiture qui passe dans la rue et ralentit, son coeur se met à battre et, en quelques minutes à peine, elle perd totalement confiance. Elle se sent subitement complètement nulle, sans intérêt, moche et idiote et ça devient tellement insupportable qu’elle décide de partir immédiatement. Elle rentre chez elle en larmes et éprouve un sentiment profond de déception.

Que s’est-il passé ? Une dizaine d’années plus tôt, elle avait rencontré un homme sur Internet et ils s’étaient donné rendez-vous devant un café pour aller prendre un verre ensemble afin de faire connaissance. Arrivée la première, elle attendait l’homme. Quand celui-ci arriva en voiture, il ralentit pour lui dire qu’il allait se garer, ce qui ne l’inquiéta pas… jusqu’à ce qu’il dépasse la place libre quelques mètres plus loin et accélère pour ne jamais revenir. Elle en avait conclu que, puisqu’il n’avait vu qu’une photo de son visage, en la voyant en pied (elle était un peu forte), il l’avait trouvée tellement grosse et moche qu’il s’était sauvé. Rien qu’en entendant le bruit des voitures ralentir dans la rue, (indice essentiel qu’elle avait enregistré à l’époque), le passé a ressurgi sans crier gare et son mode « fuite » s’est activé pour ne pas avoir à revivre une telle humiliation et une telle souffrance.

   

Éric: bloqué par ses diktats

« Lors d’une réunion de travail, une idée intéressante m’est venue à l’esprit. Mais je n’ai pas osé l’exprimer parce que je me suis dit : “Qui suis-je, moi, pour confronter mes idées de simple technicien avec celles des chefs de service et du PDG ? Je dois rester à ma place, il ne faut pas que je me fasse remarquer, je me prends pour qui ?” Alors, je n’ai rien dit. Et pourtant je sentais que j’aurais dû m’exprimer, même si je suis timide et que j’ai peur de parler et d’être questionné en public. Je savais que je n’étais pas en accord avec moi-même et que j’obéissais à des diktats en opposition avec ce que me dictait mon intuition. Mais c’était plus fort que moi. Un de mes collègues a pris la parole et a annoncé exactement mon idée et a été félicité par toute l’équipe. Quel gâchis… Je me suis trouvé super nul, une fois de plus. »